Code Pastoral : Vers une facilitation du processus d’élaboration !

 aminata mbengue ndiaye ministre a djoloffFaciliter la concertation entre les différentes parties concernées par l’utilisation des terres en milieu rural avec comme finalité l’élaboration d’un code pastoral consensuel : c’est l’objectif et résultats escomptés d’un code pastoral qui a fait l’objet d’un débat avant hier, mardi, dans un grand endroit de la place, sous la présence effective du ministre de l’élevage Aminata Mbengue Ndiaye.

Au Sénégal, comme dans plusieurs pays du sahel où la faiblesse des précipitations et leur irrégularité spatio-temporelle ne permettent pas de développer une production intensive, le pastoralisme constitue le système d’exploitation dominant du milieu. Depuis plusieurs années, suite aux actions de plaidoyer entreprises par plusieurs institutions nationales, régionales et internationales, la problématique du développement du pastoralisme et celle de l’accès équitable aux ressources naturelles sont désormais inscrites à l’ordre du jour des débats dont la plupart des pays de la sous-région. « Notre débat d’aujourd’hui marque le début d’un processus de concertations entre différents acteurs du développement rural et devant aboutir à la mise en place d’un outil de préservation des espaces pastoraux » a dit Mme Aminata Ndiaye, ministre de l’élevage, à l’ouverture de l’atelier portant sur la code pastoral, un sujet qui heurte la conscience des éleveurs.

« Beaucoup de ménages, surtout en milieu rural, s’adonnent à l’élevage et y tirent l’essentiel de leurs revenus » indique Mme Aminata Ndiaye. Estimant le capital bétail de l’élevage au Sénégal, elle estime qu’il est évalué en 2012, à plus de 840 milliards de Francs cfa  et tarde à être valorisé compte tenu des modes extensifs qui, selon elle, prédominent dans la conduite des troupeaux. Face à cette péjoration continue des ressources naturelles notamment au rétrécissement de l’espace pastoral, Mme Aminata Mbengue Ndiaye laisse entendre « que des réformes avaient été engagées en vue de rationaliser la gestion du foncier et s’étaient traduites par la loi promulgation en juin 2004 de la loi d’orientation agrosylvopastorale (LOASP) » et l’adoption du décret 80 268/MRD/DSPA du 10 mars 1980 portant organisation des parcours du bétail et fixant les conditions d’utilisation des pâturages. Pour Mme la ministre, la LOASP a permis de dégager une vision d’ensemble de l’avenir du sous-secteur de l’élevage à long terme tout en reconnaissant le pastoralisme comme une forme de mise en valeur des terres. Elle soutient avec force que le gouvernement a inscrit l’élaboration de ce code parmi ses priorités, comme préconisé par la LOASP. C’est dans ce cadre « qu’il a été mis en place au sein du ministère de l’élevage, le 13 Août 2012, un comité de pilotage que le premier ministre vient d’installer officiellement le 2 mars 2013 à Niaganiao » a rappelé Mme Aminata Ndiaye. De l’avis du ministre, ce comité de pilotage mis en place a un caractère pluridisciplinaire du fait de l’aspect transversal du thème à traiter et notamment de la diversité des acteurs intervenant dans le pastoralisme. « Le code pastoral devra également prendre  en compte la problématique foncière liée à la modernisation de l’élevage » poursuit Mme Aminata Mbengue Ndiaye.  « L’objectif visé est de « faire du secteur de l’élevage un secteur performant, capable de satisfaire, au moins, la demande nationale en produits animaux et d’assurer la promotion socio-économique de ses acteurs, à l’horizon 2016 » a martelé pour  sa part Dr Ibrahima thiam Ct au ministère de l’élevage. Il invite les acteurs du sous-secteur de s’atteler à relever les défis auxquels ils font face et portent notamment sur une sécurisation plus accrue des systèmes d’élevage pastoraux, agro pastoraux et périurbains. Sur les conflits entre agriculteurs et éleveurs, il déclare « que le défrichement des terres au détriment des pâturages est à la base de nombreux problèmes ».

« La situation est aggravée par le sur-pâturage consécutif à la forte concentration du bétail à la recherche d’eau et de fourrage » argumente le Ct du ministère de l’élevage, conférencier de la journée d’hier. Selon lui, cette insécurité foncière ne favorise pas les investissements dans le domaine pastoral.