« Le problème de l’Islam ce n’est pas l’Occident » selon Tariq Ramadan

tariq ramadan« Les musulmans sont les premiers corrompus » selon Tariq Ramadan ; car dira t-il, la corruption est dans la vie de nos quotidiens.

Environ 200 millions de musulmans et de musulmanes vivent dans un espace où le français est la langue où l’une des langues officielles. Ces musulmans, malgré leurs réalités spécifiques, font face à des défis similaires d’ordre religieux, social, politique, économique et culturel. On constate par ailleurs que les occasions d’échanges entre les acteurs musulmans sont rares et n’ont, lorsqu’elles existent, qu’une dimension locale ou régionale.

Pour corriger cette lacune, un groupe d’organisateurs et de conférenciers, au séminaire international de formation des responsables des associations musulmanes (SIFRAM), tenu à Abidjan(Côte d’Ivoire) en septembre 1999, a pris la décision d’organiser un colloque international dont l’objectif est de rassembler des musulmans et des musulmanes (imams, responsables associatifs, étudiants…).

Le CIMEF est aujourd’hui, une plate-forme de rencontre qui se tient tous les deux ans et traite de questions relatives à des enjeux de première importance pour les pays ayant en commun la langue française.

Le Sénégal accueille la 7 ème édition en août prochain dont le thème central est : « Éthique, gouvernance et paix : quelles contributions de la pensée islamique ».

« Le problème de l’Islam, ce n’est pas avec l’Occident, mais avec ses propres fidèles ». C’est ce qu’a laissé entendre le philosophe suisse d’origine égyptienne, Tariq Ramadan. Il l’a dit à Dakar, lors d’une conférence qu’il animait à l’université cheikh Anta Diop de Dakar.

Pour Tariq Ramadan, il y’a une urgence nécessité pour les musulmans  de se réconcilier avec l’éthique de leur religion.

Il indique que le coran ne change pas ; de même que les textes du prophète : « ce qui doit changer, c’est notre façon d’appréhender les choses, notre façon de lire et de comprendre les défis qui nous interpellent » dit-il.

Fermeture des « daaras » : le forum jigeenu Medina charge Macky Sall et dénonce l’incompétence de certaines femmes

daarasLe président Macky Sall est bien averti. En tout cas, les femmes Médinoises mobilisées pour une bonne gouvernance locale n’acceptent pas la fermeture des«  daaras » au Sénégal. Au contraire, elles invitent l’Etat à recenser les écoles coraniques afin qu’elles répondent aux normes. Mieux, les femmes Médinoises n’apprécient guère l’incompétence de certaines femmes qui sont dans les grandes instances.

Au quartier de la Médina, le mal est toujours là au lendemain de la mort des jeunes talibés. Convoquant la presse hier, le forum jigeeni Médina Actions citoyennes est monté au créneau, il s’insurge contre la décision de l’Etat de mettre fin à la mendicité. Évoquant le drame survenu à la Medina, Maimouma Diop chargé de l’éducation et de la scolarisation des filles au sein du forum jigeenu Médina laisse entendre que les responsabilités sont partagées. « Nous avons recensé trente «  daaras » à la Médina qui sont dans des conditions déplorables »dit-elle.

Avant d’ajouter : « nous ne sommes pas d’accord de la décision des autorités pour fermer les écoles coraniques » martèle t-elle. Pour Mme Diop, les autorités doivent seulement veiller au grain pour voir si les daaras répondent aux normes. Dans cet ordre d’idées, elle invite tous à s’asseoir autour d’une table pour trouver une issue heureuse. « Nous ne soutenons pas une telle décision » a dit pour sa part, Yacine Diagne la présidente du forum. Elle invite les autorités à revoir leur position avant de prendre une décision. Sur un autre registre, elle a dénoncé l’incompétence de certaines femmes qui, d’après elle, occupent des postes de responsabilité. Selon ses explications, cela ne veut pas dire que la porte du forum jigeen est fermée ; elle veut juste attirer l’attention des autorités.

Les femmes de la Médina ont aussi évoqué des problèmes liés à la participation de la communauté dans la gestion de l’éducation. Face à cette situation le forum des femmes compte s’impliquer dans des actions concrètes et influencer les décideurs pour provoquer ensemble les changements en faveur d’une amélioration de la qualité de l’éducation pour tous à la Médina. Sur le plan économique, Yacine Diagne indique que les femmes de la Médina sont confrontées à des difficultés, notamment l’accès aux ressources financières. Mieux, elle a déploré le cadre de vie et l’environnement de la Médina : « nous voulons la construction d’un nouveau centre de santé ; de même la redéfinition et la clarification du profil et fonction des structures du CPMI. Elle se désole du réseau d’assainissement à la Médina : « un programme d’urgence d’assainissement globale doit être mis en œuvre pour le réseau d’assainissement et le marché Thilène » propose t-elle. En définitive, le forum jigeenu Médina Actions citoyennes a mis sur la table un cahier de propositions pour la bonne gouvernance locale. Aux décideurs d’apprécier à sa juste valeur les propositions des femmes de la Médina qui n’ont que leurs yeux pour pleurer.

 

Interdiction de la mendicité au Sénégal : Grogne des marabouts !

talibésAprès un drame survenu au quartier populeux de la Medina faisant état de dix morts, suite à l’effondrement de l’école coranique, le gouvernement du Sénégal a pris la mesure d’interdire la mendicité au Sénégal.

Par la même occasion, l’Etat du Sénégal a décidé de mettre la main sur les talibés qui trimbalent dans les rues de Dakar dont la plupart proviennent de la sous région.

Ils sont âgés entre deux et cinq ans.

Pour les marabouts que nous avons interrogés dans la journée du vendredi, ils soutiennent tous «que la sortie du premier ministre Abdoul Mbaye est un manque de considération à leur endroit ».

« Nous regrettons ce qui s’est pas passé à la Medina » nous confie l’Imam Kâ marabout au quartier de Grand-Yoff. Il invite l’Etat à faire un recensement de tous les daaras de Dakar et de l’ensemble du pays.

Même son de cloche pour un autre marabout que nous avons trouvé à la mosquée : « il n’y a aucune considération de l’Etat vis-à-vis de nous » se plaint-il.

Présentement, les sinistrés sont relogés temporairement à l’école de la Medina et d’autres se trouvent au centre Guindi à Khar yalla.

A signaler aussi l’effondrement d’un immeuble au village de  Ouakam. Bilan : deux morts et quatre blessés.

Education relative à l’eau, l’assainissement et à l’hygiène basée sur les valeurs : Vers un plaidoyer à développer une nouvelle éthique

eauMalgré l’accent mis sur l’extension des facilités d’assainissement et d’approvisionnement en eau potable pour atteindre l’objectif de réduire de moitié le nombre de personnes n’ayant pas accès à l’eau potable et à un assainissement adéquat d’ici 2015, les progrès demeurent toujours lentes. Pour faire l’état des lieux, les ministères chargés de l’éducation de la sous-région se sont regroupés hier, jeudi, pour discuter des opportunités et mise en œuvre du programme.

Il y’a lieu de relever un défi majeur : « assurer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement pour tous » dans toutes les circonstances. A cet effet une prise de conscience est nécessaire pour une meilleure gestion des ressources en eau disponibles, les mesures techniques et réglementaires ayant montré leurs limites. Celles-ci devraient être complétées par des initiatives de plaidoyer, de sensibilisation et d’éducation visant à développer une nouvelle éthique impliquant l’utilisation responsable et durable en matière d’eau et d’assainissement.

« Au 21 ème siècle, les villes devraient faire un pas. Elles sont des pôles de créativité et de bien être que promeuvent les innovations afin de booster le secteur économique » a soutenu Eric Moukoro, conseiller régional à Onu-Habitat ; il l’a dit hier, à l’ouverture officielle de la rencontre de haut niveau sur l’éducation relative à l’eau, l’assainissement et à l’hygiène basée sur les valeurs.

« Il est temps de répondre aux changements sociaux, économiques et politiques actuels » dit-il. Pour le conseiller régional d’Onu-Habitat, il faut repenser la ville modèle. En misant l’accent sur l’éducation, Mansour Tall, le chargé de programme à Onu-Habitat laisse entendre « que le programme influence les acteurs qui ont leur avenir entre leurs mains ».

« C’est un programme qui a été développé au Sénégal pour faire la promotion des valeurs afin que les jeunes enfants puissent très tôt intégrer ces valeurs » a dit pour sa part, Baba Ousseynou Ndir, secrétaire général du ministre de l’éducation. Selon lui, pour travailler sur l’eau, il faut des infrastructures.

Organisé par le bureau régional pour l’Afrique Francophone du programme Eva, basé à Dakar, la rencontre de Dakar a regroupé hier, les ministres de l’éducation ou leurs représentants, les points focaux de l’EREAH-BV et les responsables de l’élaboration des programmes dans les pays impliqués. Au sortir de la rencontre, les participants ont formulé des attentes ; ils invitent les parties prenantes à s’engager et soutenir la continuité et la consolidation de l’initiative EREAH-BV dans les pays impliqués.

« Une approche révisée soit adoptée afin d’améliorer le modèle établi par l’EREAH-BV en Afrique pour le secteur éducation formel et informel » ont soutenu les principaux acteurs qui ont participé à la rencontre d’hier. EREAH-BV est un modèle pédagogique prenant en compte les initiatives éducatives qui a été développé.

Regard sur le maître à l’école: comment doit-il se comporter?

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L’école est d’une certaine manière constamment à bâtir. Mais c’est essentiellement au niveau des attitudes du maître dans sa relation avec les élèves que se joue le sort du processus d’instruction et d’éducation. La fonction du maître implique qu’il sache « faire rayonner de l’autorité autour de lui », et donc qu’il ait une « haute idée de sa mission », de manière à susciter une sorte de respect spécifique de la part des élèves. C’est « par le canal de la parole, du geste », que les « grandes idées morales de son temps et de son pays » dont il est l’interprète, peuvent passer de sa conscience dans celle de l’enfant. Par conséquent, cette parole et ce geste doivent être conçus par le maître en fonction de cette fin même.  A cet effet, une « culture psychologique » est nécessaire, qui permettrait au maître de déterminer les attitudes pertinentes pour l’accomplissement de sa « mission ». Les modèles pédagogiques doivent prendre en compte la psychologie de l’enfant qui nous apprend. Par exemple, l’enfant n’est fondamentalement égoïste, ni altruiste mais il « entre naturellement en communication avec autrui », qualité qu’il faut savoir utiliser.

Projet USAID/ERA : Abdoul Mbaye applaudit !

abdoul mbayeLe gouvernement du Sénégal, par la voix de son premier ministre, Abdoul Mbaye a remercié vivement ce mardi, les États-Unis d’Amérique, pour son soutien au développement du Sénégal et du continent africain.

« Cette implication constante témoigne une fois de plus, s’il en était besoin, de l’intérêt que les États-Unis portent aux priorités de développement exprimées par le président de la République du Sénégal, Monsieur Macky Sall, et particulièrement au secteur de l’agriculture » a soutenu Abdoul Mbaye, premier ministre du Sénégal. C’était ce mardi matin, à l’hôtel Radisson lors d’une cérémonie de remise d’un important lot d’équipements à des institutions sénégalaises intervenant dans la formation et la recherche en agriculture.

Le projet USAID/ERA, d’une durée de cinq ans, s’inscrit dans le cadre de l’initiative du président Barack Obama pour la sécurité alimentaire dénommée « Feed the future ». D’une valeur de 14 milliards de Fcfa, « ce projet a pour ambition de renforcer les capacités institutionnelles et humaines dans les domaines de l’éducation et de la recherche agricole, de la gouvernance institutionnelle des structures de formation agricole, ainsi que de l’innovation dans le secteur agricole » a dit le Pm Abdoul Mbaye.

Après deux ans de mise en œuvre, M.Mbaye constate « que les résultats sont d’ores et déjà plus que probants ».

Pour le PM, le nombre d’étudiants (es) inscrits dans les filières agricoles a augmenté ; les enseignants et chercheurs ont gagné en expérience et acquis de nouvelles compétences à travers des formations à la mise en ligne de cours pour l’enseignement à distance.

« Les douze institutions sénégalaises intervenant dans la formation et la recherche en agriculture ont été identifiées dans le cadre du projet, ces dernières ont bénéficié de matériel informatique et de laboratoire, ou encore de véhicules » dit-il.

Aux bénéficiaires, Abdoul Mbaye leur demande de faire bon usage du matériel et surtout de veiller, dans leurs activités quotidiennes, à s’inscrire dans la ligne directrice  du projet qui, selon lui, est d’améliorer la production agricole.

« Le gouvernement du Sénégal entend bien tout mettre en œuvre pour mener le pays vers l’émergence, laquelle passera nécessairement par le développement de l’agriculture » laisse entendre le PM.

Avant d’ajouter : « que le monde rural a aussi besoin de savoirs nouveaux, de transfert de technologie, de recherche et d’innovation pour améliorer radicalement la productivité, la qualité des produits, leur collecte, leur conservation, leur transformation et enfin, leur vente » dit-il.

Au-delà de l’agriculture et du souci de faire reculer la pauvreté dans le milieu rural, Abdoul Mbaye estime « que le Sénégal doit également voir en ce projet ce que doit devenir le système éducatif ».

Le projet, en octroyant des bourses locales et des bourses pour les États-Unis, a permis aux jeunes d’accéder à un savoir et à des compétences dans un secteur porteur, où ils pourront assurément s’insérer.