Zoom sur l’éducation des filles…
La banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest a célébré hier son cinquantième anniversaire dans les locaux de son siège à Albert Sarraut.
C’est le président Macky Sall qui a présidé la cérémonie d’ouverture ; il a vivement regretté l’application de taux d’intérêt prohibitifs sur les crédits agricoles, les crédits à l’habitat social et les crédits pour la lutte contre la pauvreté en faveur des femmes et des jeunes ».
Dans ce sens, il invite la banque centrale à apporter des réflexions positives sur les réponses attendues.
« Je souhaite que la banque centrale puisse rapidement trouver des solutions au plus vite pressé » a soutenu Macky Sall.
Il a ainsi fait remarquer que les pays de la zone UEMOA (Union économique et monétaire ouest africaine) se sont engagés à insuffler une croissance économique vigoureuse, durable et inclusive de leurs économies en vue de pouvoir répondre à la demande sociale de plus en plus forte.
« Toutefois, ces ambitions restent confrontées à des défis majeurs liés à la question importante du financement de nos économies dans un contexte marqué au plan international par la baisse de l’aide publique au développement, une sélectivité dans la réalisation des investissements directs étrangers et au plan interne par des pressions constantes des finances publiques de nos Etats déjà fragilisés par des chocs exogènes récurrents », regrette M.Sall.
Selon le président Macky Sall, les taux d’intérêt sont nombreux dans les banques privés ; cela peut porter préjudice à l’économie. Il laisse entendre qu’il est temps que les banques puissent participer au développement des pays africains. Il invite la banque centrale à réfléchir sur ce point, car le président Macky Sall se plaint des taux trop élevés.
« Je sais que la BCEAO a déjà entamé des actions fortes afin de mieux restructurer et approfondir le marché financier pour permettre aux agents économiques privés et publics de se financer dans de meilleures conditions ; mais je demande plus transparence dans le dialogue.
« Tantôt ces derniers disent que ce sont les taux directeurs de la BCEAO qui sont élevés ou alors tantôt les crédits sains qui sont déposés par les assureurs sont des moyens très chers à la location ou alors ce sont les taxes des Etats qui influent négativement », ajoute M.Sall.
Le thème retenu est « Intégration monétaire et mutation du système financier : défis et perspectives ». Les travaux prennent fin ce mardi.
A l’instar des autres pays, le Sénégal a célébré le 31 octobre 2012 la journée internationale pour l’élimination contre la pauvreté avec comme thème : « Dynamique de la pauvreté au Sénégal de 2000 à 2012 : quelles leçons apprises et perspectives ».
Le Sénégal s’est engagé activement dans la mise en œuvre de la stratégie de réduction de la pauvreté fondée sur une croissance redistributrice et la satisfaction des besoins de base des populations pauvres. Le consensus autour de cette stratégie a mis l’accent sur la nécessité d’une mobilisation des décideurs politiques, des acteurs nationaux et des partenaires au développement pour lutter contre la pauvreté. « Les politiques ont débuté avec l’élaboration des documents de stratégie de réduction de la pauvreté. Du fait du processus participatif qui fonde sa légitimité, le DSRP sera le cadre de référence de toutes les interventions de tous les acteurs » a soutenu Ibrahima Diouck, à l’ouverture de la cérémonie officielle de la journée internationale pour l’élimination contre la pauvreté.
De l’avis de Mr Diouck, ce cadre servira de base pour l’élaboration des plans sectoriels de développement et des programmes d’investissement.
« La pauvreté est un phénomène multidimensionnel. C’est pourquoi plusieurs définitions et approches existent afin de la cerner » dit-il.
Pour Mr Diouck, le Sénégal dispose d’importantes ressources informationnelles pour un meilleur suivi de la Pauvreté : « les différentes enquêtes réalisées depuis 2001 avec l’enquête de perception de la pauvreté au Sénégal, puis en 2005 avec l’enquête de suivi de la pauvreté 1 et enfin la deuxième enquête de suivi réalisée en 2011 ont fourni des informations statistiques sur l’incidence de la pauvreté par région mais aussi sur les priorités des populations » laisse t-il entendre.
Avant d’ajouter : « traiter de la problématique de la dynamique de la pauvreté revient à étudier l’évolution du phénomène sur une période donnée ».
Le Programme des nations unies pour le développement (PNUD) a investi au Sénégal 3 milliards de francs dans la lutte contre la pauvreté qui lui ont permis d’atteindre »d’importants résultats » dans des initiatives communautaires, a laissé entendre pour sa part la représentante résidente, Fatou Binetou Djibo.
Selon ses explications, un fonds d’insertion des sortants de l’enseignement technique et de la formation professionnelle d’un montant de plus de 323 millions de francs a permis la mise en place de 130 micro-entreprises par an au profit des femmes et des jeunes, générant ainsi 228 emplois directs et 128 emplois indirects.
Depuis près de deux décennies, l’Etat du Sénégal fait de la scolarisation des filles (Scofi) une de ses priorités. Un choix pertinent, en dépit de la pesanteur de quelques blocages. Car, ce programme est la voie royale pour garantir le droit de tous les enfants à une éducation de qualité.
Le Sénégal a fait sien le combat pour la scolarisation des filles, depuis quelques années. Un choix qui procédait d’une vision prospective. La preuve, récemment, Koffi Annan, qui fut le Secrétaire général de l’Organisation des nations unies, a rappelé que « L’éducation des filles est le meilleur outil de développement qui soit ». Le charismatique Ghanaén a vu juste. Car, la fille est la future mère de l’enfant et l’épouse. Aujourd’hui des femmes sont même à la tête d’Etats ; même en Afrique. D’autres postulent à cette position, comme en atteste la dernière campagne présidentielle, qui avait vu la candidature de mesdames Amsatou Sow Sidibé et de Diouma Diakhaté. Scolariser les filles, c’est, également, protéger le droit de tous les enfants à une éducation de qualité. Ce qui est ma voie incontournable de tout développement. Car, science sans conscience n’est que ruine de l’âme. Il s’y ajoute, comme le rappelle un slogan de l’Unesco que « l’ignorance est l’ennemi numéro un de l’homme ». Le défi de la scolarisation des filles est donc à gagner ; quand bien qu’il reste confronté à bien des pesanteurs. Parmi celles-ci on peut citer les mariages et les grossesses précoces. C’est dire que les législateurs sont interpelés, pour poser des actes forts qui garantissent au-delà de la scolarisation des filles, leur accès à un enseignement supérieur ou à des formations professionnelles de qualité. Sans ces précautions, la loi de la parité, votée par le Sénégal, ne sera qu’un slogan creux ; pour ne pas dire une coquille.