Zoom sur l’éducation des filles…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haro sur les inégalités et les injustices liées au genre

Le problème de l’élargissement de l’accès des filles et des femmes à l’éducation est d’une complicité et d’une difficulté redoutables. Toutes sortes de facteurs sociaux, économiques et culturels, la croissance démographique accélérée et des phénomènes tels que les programmes d’ajustement structurel, la récession, le chômage et les catastrophes, naturelles ou dues à l’action de l’homme interviennent.

L’éducation au Sénégal : les difficultés principales des problèmes de scolarisation.

 

La part des filles entre 2003 et 2010, dans les effectifs a connu une augmentation de 3,4 points de pourcentage en passant de 47,5°/° à 50,9°/° correspondant à un Tama de 1,0°/° . La part des filles a gagné 2,1 points entre 2003 et 2007, selon le rapport national sur la situation de l’éducation en 2010.

« Nous devons faire une introspection et d’actions au niveau individuel et collectif sur la problématique de l’éducation des filles », a dit Mme Mie Lakati, Directrice de Plan Sénégal.

Selon elle, chaque année, Plan Sénégal réfléchit  de manière systématique sur la situation des filles à l’école : « chaque année, notre réflexion avec l’implication des milliers de partenaires est sortie comme un rapport annuel », dit-elle.

« Au Sénégal, concernant l’accès, le taux net et le taux brut de scolarisation des filles ont dépassé celui des garçons », ajoute t-elle.

Pour sa part, Mme Khady Sow Ndiaye, du ministère de l’Education, laisse entendre qu’il y’a une volonté politique  affirmée du gouvernement Sénégalais.

Elle indique qu’un cadre de coordination sur l’éducation des filles (CCIEF)  est mis en place pour servir de veille et d’alerte : «  ce cadre coordonne toutes les activités liées à l’éducation des filles », explique Mme Sow Ndiaye.

Les filles, les femmes et le développement humain

 

Selon l’indicateur du développement humain établi par le PNUD pour 1994, le développement humain des femmes ne représente que 60°/° de celui des hommes.

Dans les communautés rurales, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à vivre dans un dénuement total. Ne pas s’employer à supprimer ce déséquilibre, c’est à l’évidence nier les droits de l’homme et la dignité humaine, mais c’est aussi accroître la pauvreté, les migrations massives et la marginalisation et à accélérer la croissance démographique. Une société juste ne pourra être instaurée sans la participation des femmes.

L’éducation des filles et des femmes est essentielle pour parvenir à l’éducation pour tous et pour leur permettre d’échapper au cycle de l’analphabétisme et de la pauvreté.

Pourquoi les filles restent-elles bloquées ?

Les pays où, il existe une forte présence culturelle, l’on remarque une forte inégalité entre les sexes. Les mariages précoces entravent massivement les progrès éducatifs des filles. Au cours de ces dix dernières années, des progrès ont été réalisés vers la parité entre les sexes dans l’enseignement primaire et secondaire dans l’ensemble des régions. Toutefois, les résultats varient considérablement d’un pays à l’autre. La réalisation entre les sexes à tous les niveaux de l’éducation d’ici à 2015, constitue un défi plus redoutable encore.

Le mariage précoce comme forme d’assurance

 Là où l’autonomie des femmes est considérée comme instable ou hasardeuse, le mariage précoce sert à assurer l’avenir des filles. Il en résulte une entrave majeure aux progrès éducatifs des filles dans de nombreux pays.

Au Sénégal, dans certains endroits, des filles âgées entre 12 et 15ans sont déjà mariés. Il n’est pas rare que les familles pauvres recourent au mariage précoce des filles pour alléger leur fardeau économique. Le mariage précoce devient une raison de  quitter l’école.

Conscients de ce risque, certains parents refusent de scolariser leurs filles.

Il est temps d’insister sur l’importance de l’éducation des filles, en lançant des campagnes de sensibilisation, améliorer des conditions de sécurité des filles, pour aider les communautés à permettre aux filles d’aller jusqu’au terme de leurs études.

L’enseignant peut-il faire la différence ?

Des recherches ont montré que, dans les pays en développement, les filles ont tendance à rester plus longtemps à l’école lorsque le corps enseignant comprend une majorité de femmes. Toutefois, les enseignantes sont-elles même les perdantes de la société dans les lesquelles elles vivent, et bien qu’elles soient peut-être mieux acceptées par les filles, elles peuvent ne pas être toujours d’une grande utilité pour faire évoluer les mentalités à l’égard des femmes. Dans une classe mixte, l’enseignante peut avoir tendance à favoriser  les garçons, ce qui donne aux filles le sentiment d’être moins douées que leurs camarades masculins, en particulier en mathématique ou en science. Au-delà du problème de l’accès à l’éducation, se pose aussi et surtout celui des difficultés de scolarisation que rencontrent les enfants.
L’un des premiers problèmes rencontrés est celui de l’ambiguïté de la langue. Dans les écoles publiques, l’enseignement se fait exclusivement en français, langue officielle du Sénégal. Ainsi, la langue parlée en famille n’est pas la même que celle enseignée à l’école puisque une fois les cours terminés, les Dakarois optent pour le dialecte de leur ethnie (wolof, pulaar, sérère, diola, manjaag, etc.).

 

« Les ministres des différents pays doivent travailler ensemble pour coordonner leurs efforts de lutte », a soutenu Adama Coulibaly, directeur régional de Plan pour l’Afrique de l’ouest.

Pour  Gnagna Sidibé, l’ambassadrice de bonne volonté, elle déclare tout de go que le droit des jeunes filles nécessite un encadrement et un appui consistant.

Autre difficulté, celle de l’utilité de l’enfant à la maison, n’est pas évident pour tous les parents sénégalais.
L’enseignement public, gratuit en principe, ne l’est pas vraiment. Les livres, le matériel, le transport, l’uniforme… sont à la charge des familles. Pour certaines d’entres elles c’est un luxe inabordable.
En outre, les problèmes scolaires sont souvent liés à l’environnement familial. En effet, il est difficile pour un enfant de travailler correctement dans une maison surpeuplée et bruyante, surtout lorsqu’il faut s’éclairer à la bougie. Et il est encore plus difficile de bien suivre les cours lorsque l’on a le ventre vide.

Il apparaît très clairement que l’éducation sénégalaise est en grande difficulté. Afin d’aider le pays à se développer, il est important de se centrer sur l’éducation. En effet, les enfants d’aujourd’hui seront ceux qui pourront faire évoluer la situation du Sénégal demain. Une augmentation du taux de scolarisation, une baisse du nombre d’analphabètes et des meilleures structures éducatives sont la base d’un changement possible.


 

Scolarisation des filles : La voie royale vers le développement

Depuis près de deux décennies, l’Etat du Sénégal fait de la scolarisation des filles (Scofi) une de ses priorités. Un choix pertinent, en dépit de la pesanteur de quelques blocages. Car, ce programme est la voie royale pour garantir le droit de tous les enfants à une éducation de qualité.

Le Sénégal a fait sien le combat pour la scolarisation des filles, depuis quelques années.  Un choix qui procédait d’une vision prospective. La preuve, récemment, Koffi Annan, qui fut le Secrétaire général de l’Organisation des nations unies, a rappelé que « L’éducation des filles est le meilleur outil de développement qui soit ». Le charismatique Ghanaén a vu juste. Car, la fille est la future mère de l’enfant et l’épouse. Aujourd’hui des femmes sont même à la tête d’Etats ; même en Afrique. D’autres postulent à cette position, comme en atteste la dernière campagne présidentielle, qui avait vu la candidature de mesdames Amsatou Sow Sidibé et de Diouma Diakhaté. Scolariser les filles, c’est, également, protéger le droit de tous les enfants à une éducation de qualité. Ce qui est ma voie incontournable de tout développement. Car, science sans conscience n’est que ruine de l’âme. Il s’y ajoute, comme le rappelle un slogan de l’Unesco que « l’ignorance est l’ennemi numéro un de l’homme ». Le défi de la scolarisation des filles est donc à gagner ; quand bien qu’il reste confronté à bien des pesanteurs. Parmi celles-ci on peut citer les mariages et les grossesses précoces. C’est dire que les législateurs sont interpelés, pour poser des actes forts qui garantissent au-delà de la scolarisation des filles, leur accès à un enseignement supérieur ou à des formations professionnelles de qualité. Sans ces précautions, la loi de la parité, votée par le Sénégal, ne sera qu’un slogan creux ; pour ne pas dire une coquille.